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LI – Texte du tract distribué à Paris le 26 octobre

Libération Irlande a participé à la journée internationale pour les prisonniers de guerre républicains irlandais hier,  le samedi 26 octobre. Nous avons délivré notre message dans le cadre d’une soirée parisienne organisée par l’association corse SULIDARITA, que nous remercions chaleureusement : ce n’est pas la première fois qu’ils nous accueillent et nous en sommes reconnaissants. Alain Mosconi, membre du syndicat STC (Syndicat des Travailleurs Corses) venait y présenter son dernier livre et son combat. Un concert du groupe Scontru s’en est suivi. Nous y avons distribué le tract que voici :

sulidaritaLe 26 octobre est la journée des prisonniers de guerre irlandais, qui a lieu dans le monde entier. Des militants politiques, républicains irlandais ou non, la soutiennent et l’organisent pour la troisième année consécutive.

Ce mouvement de solidarité en est donc à son commencement. En effet, beaucoup de gens, qui ont entendu parler du processus de pacification et des accords de Belfast de 1998, croient qu’il y a eu une amnistie et que, finalement, le conflit historique entre le principe républicain et le principe unioniste a été résolu. Rien n’est moins sûr : examinons les faits.

Y a-t-il des prisonniers républicains en Irlande ? Oui, encore, ou plutôt, à nouveau, ou plus exactement : il y en a toujours eu. Il y a quelques dizaines de détenus politiques dans les 6 comtés occupés du Nord de l’Irlande, enfermés dans la prison de haute sécurité de Maghaberry pour les hommes, dans la prison de Hydebank pour les femmes, et quelques dizaines dans la prison de Portlaoise, dans les 26 comtés du Sud de l’Irlande.

De quoi sont-ils accusés ? De défendre les armes à la main le droit à l’auto-détermination de toute l’Irlande, de résister à l’occupation, de défier la normalisation. Il arrive aussi qu’on ne les accuse de rien : ils sont tout simplement internés. Ce sont les républicains irlandais qui n’ont pas dévié, bien que les médias les appellent des « dissidents ». Ces républicains n’acceptent pas que la domination britannique sur les 6 comtés ait été acceptée par les éléments pro-traité, en échange d’une place au soleil dans l’administration locale et d’une dose de reconnaissance culturelle. Par-dessus tout, les révolutionnaires emprisonnés refusent de liquider l’héritage du républicanisme irlandais.

Défendre les prisonniers de guerre

Les Prisoners Of War (P.O.W.s) enfermés à Maghaberry ont mené ces dernières années des luttes très dures, comme des grèves de l’hygiène, pour gagner un statut de catégorie spéciale, un statut politique. Leur traitement est abominable, tout comme est exemplaire leur esprit de résistance. Leur principal grief est la brutalité qu’ils subissent, en particulier la pratique des fouilles corporelles intégrales. Les matons s’acharnent sur eux par principe, cette corporation est loyaliste (les éventuels matons catholiques ne font pas exception).

L’exigence d’un statut spécial formulée par ces prisonniers n’est pas quelque chose d’arbitraire : ces détenus ont été arrêtés et condamnés sous l’égide de lois anti-terroristes spéciales et selon des procédures spéciales. Il faut savoir que les accords de 1998 qui prétendaient démocratiser l’entité des 6 comtés n’ont pas du tout concerné le système carcéral. La gestion pénitentiaire des ailes politiques des prisons, comme tout ce qui concerne la « sécurité nationale », est l’apanage du gouvernement britannique et de lui seul.

Qui plus est, le statut de catégorie spéciale qui protégeait un peu les prisonniers politiques républicains a été abrogé par le texte des accords de 1998, qui stipule que la situation « ne peut plus être décrite comme étant un conflit ». La situation est donc difficile et la répression est intense. Cette année, 157 personnes ont été arrêtées sous l’égide de la section 41 de la loi anti-terroriste de l’an 2000, la garde à vue dans ce contexte politique peut durer jusqu’à 28 jours, la police dans le Nord de l’Irlande est une force militarisée et très bien équipée.

Contre l’internement

Sous les eaux stagnantes de la pacification, nage un barracuda brutal et carnassier. Les accords de 1998 l’ont enfoncé sous la surface mais ne l’ont jamais blessé. L’internement est une des armes du système répressif britannique. Cela consiste à emprisonner des gens sans passer par la case « justice », ou contre les décisions des juges. Il s’agit d’une politique régie par la raison d’Etat contre des opposants politiques. Au début des années 1970, l’internement dans les 6 comtés était d’assez grande envergure, aujourd’hui il est ciblé, sélectif.

L’Etat britannique a ainsi jeté au cachot, en 2010, un républicain vétéran du nom de Martin Corey, sans l’ombre d’une accusation et même contre la décision d’un juge qui le libérait. Cela fait trois ans et demi qu’il est interné à Maghaberry, sans qu’on lui ait dit une seule fois ce dont on l’accusait.

Marian Price a elle aussi été longtemps internée, maltraitée, non soignée en détention. Elle é été libérée suite à une pression des masses et à un calcul politique. Le responsable de ces internements est le secrétaire d’Etat à l’Irlande du Nord, un despote nommé, non élu, muni de pouvoirs très étendus et qui n’a pas de comptes à rendre à l’assemblée locale, ni à personne, à part le pouvoir exécutif à Londres. Il peut faire enfermer ou maintenir en détention qui il souhaite et comme il le souhaite. Cette situation juridiquement barbare est scandaleuse. L’internement doit cesser. Nous lançons un SOS solennel : Martin Corey doit être libéré immédiatement !

Mais qu’en dit l’Etat du Sud ?

Aucune illusion n’est à entretenir à son sujet. Cet Etat est autant anti-républicain que l’Etat du Nord. Comme celui-là, c’est un fruit de la partition, décidé par un traité britannique et qui s’est imposé par une guerre contre-révolutionnaire dans les années 1920. Cet Etat a pendu dans toute sa carrière plus de républicains que l’Etat du Nord. Cependant, de 1937 à 1998, il revendiquait la souveraineté sur le Nord, dans sa constitution tout au moins. Mais les « accords de paix » de 1998 ont aboli cette revendication en transformant les articles 2 et 3 de sa constitution, et depuis lors les choses sont claires. Il ne peut plus, comme il l’avait fait dans les années 1970, poursuivre devant la cour européenne des droits de l’homme l’Etat britannique pour mauvais traitements et torture d’Irlandais dans l’Etat du Nord. Cet Etat est l’Etat d’Irlande du Sud, pas de l’Irlande. En 2010, il y avait plus de républicains enfermés dans la prison de Portlaoise qu’au moment des « accords de paix », en 1998.

Le combat est dans une posture difficile, mais ne mollit pas, c’est une lutte prolongée. La répression en témoigne. Nous, qui sommes solidaires de la cause républicaine irlandaise, ne pouvons être indifférents, ni laisser faire. Nous vous invitons à consulter notre site internet Libération Irlande pour vous tenir informés. Comme le dit le comité international de soutien aux prisonniers de guerre irlandais : « les prisonniers crient, mais leurs voix s’évanouissent dans le silence. Devenons leurs voix. »

Libération Irlande, Paris, 26 octobre 2013

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26 octobre – Journée d’action pour les prisonniers politiques républicains irlandais

En juillet 2013, des militants républicains d’Europe, d’Amérique du Nord et d’Australie ont lancé le “comité international de soutien aux prisonniers de guerre irlandais” en tant qu’organisme permanent et indépendant visant à coordonner les activités de soutien dans le monde en faveur des prisonniers de guerre républicains irlandais. Dans un contexte de blackout médiatique et de politique réformiste, nous ne comptons que sur nos propres forces pour construire la solidarité par en bas. C’est ainsi, le comité travaille à promouvoir la solidarité avec tous les prisonniers de guerre républicains irlandais authentiques. Le comité opère en qualité de réseau indépendant visant à coordonner les activités de soutien aux prisonniers de guerre républicains irlandais dans le monde. Les membres du comité sont tombés d’accord pour tenir la 3è journée de soutien international pour les prisonniers de guerre irlandais le 26 octobre 2013.

Toutes les organisations, militants républicains irlandais et leurs sympathisants sont invités à faire de cette troisième journée annuelle un grand succès. La première journée internationale pour les prisonniers de guerre, en 2011, avait été organisée par le bureau international de Republican Sinn Féin et Libération Irlande, de France. La deuxième journée annuelle, en 2012, avait été organisée par un comité ad hoc présidé par Dieter Blumenfeld. Depuis lors, la situation à Maghaberry n’a pas été résolue et l’internement continue, et des activistes ont joint leurs forces pour fonder le Comité International de Soutien aux Prisonniers de Guerre Irlandais. La tâche centrale pour le comité est l’organisation de la journée annuelle de solidarité. Lors du week end du 25, 26 et 27 octobre, des républicains irlandais et leurs sympathisants vont manifester leurs protestations dans 3 continents : l’Australie, l’Europe et l’Amérique du Nord.

Octobre 2013 marque le 40è anniversaire de l’évasion, en hélicoptère, de trois prisonniers de guerre républicains, de la prison de Mountjoy. Le 25 octobre est également l’anniversaire de la mort de Terence Mac Swiney, maire Sinn Féin de Cork et du républicain Joseph Murphy, dans la prison de Cork. Le 27 octobre 1980, la première grève de la faim commença dans les Blocs H. Les membres du comité appellent tous les républicains irlandais à l’étranger, les militants des droits de l’homme et les militants politiques progressistes à soutenir la troisième journée annuelle de soutien aux prisonniers de guerre républicains irlandais le 26 octobre 2013. Ceux-ci crient, mais leurs voix se perdent dans le silence. Nous autres à l’extérieur devons devenir la voix des prisonniers!

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